Football burundais : des excuses toujours, des responsabilités jamais !

Jackson Karorerojuin 5, 20266min110
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Les excuses sont devenues un rituel après chaque défaite des différentes sélections nationales. Chez les femmes comme chez les hommes. Chez les seniors comme chez les juniors. Combien de temps allons-nous encore assister à cette comédie qui ne fait rire personne et qui, surtout, ne fait progresser notre football ?

Prenons un exemple récent.

Le samedi 30 mai 2026, les amateurs de football burundais se réveillent avec un espoir : voir l’équipe nationale féminine U17 éliminer l’Éthiopie et franchir une étape supplémentaire sur le chemin menant à la Coupe du monde U17. Un rêve à portée de main. Il suffisait de prendre le dessus sur un seul adversaire pour atteindre l’avant-dernier tour des qualifications.

Mais cet espoir s’est finalement brisé.

Lors de la conférence de presse d’avant-match, tenue le 29 mai 2026 au stade Intwari, le sélectionneur des Intamba mu Rugamba féminines U17, Amars Niyongabo, affichait pourtant sa confiance. Face aux journalistes, il affirmait être convaincu de pouvoir éliminer les Éthiopiennes.

Malgré la défaite 2-1 concédée à Addis-Abeba lors du match aller, il expliquait avoir identifié les failles de son adversaire et les solutions tactiques susceptibles de permettre au Burundi de renverser la situation.

Il faut rappeler qu’une victoire 1-0 aurait suffi aux Burundaises pour poursuivre l’aventure. Et le scénario semblait leur sourire dès les premières minutes. À la 4e minute de jeu, elles font exploser de joie le public du stade Intwari en ouvrant le score.

Mais après la pause, tout bascule.

À la 52e minute, l’Éthiopie égalise et refroidit brutalement l’ambiance. Puis un deuxième but éthiopien vient assommer les espoirs burundais. Dès la 75e minute, de nombreux supporters, déçus et résignés, commencent à quitter les tribunes.

Ce qui me révolte

Après la rencontre, Amars Niyongabo explique aux journalistes sportifs que la défaite s’explique notamment par le jeune âge de ses joueuses et leur déficit physique.

Encore une fois, les excuses.

Pourtant, ce discours contraste fortement avec ses déclarations de la veille, lorsqu’il affirmait avoir préparé son équipe à toutes les éventualités. Il ajoute également avoir demandé à ses joueuses de ne pas reculer pour défendre leur maigre avantage après la pause, mais que celles-ci n’auraient pas respecté ses consignes.

Et la FFB dans tout cela ?

Les jeunes filles ont du talent. Sur ce point, les supporters présents au stade Intwari, de nombreux journalistes sportifs et moi-même sommes largement d’accord.

Mais le manque de physique ne peut pas servir d’explication éternelle.

Durant la première période, les Burundaises ont proposé un football séduisant. Le ballon circulait rapidement, les enchaînements étaient fluides, les passes précises. Par moments, on avait l’impression d’assister à une séance d’entraînement d’une académie réputée comme la Masia du FC Barcelone.

Puis arrive la seconde période.

Le souffle manque. Les jambes deviennent lourdes. L’intensité baisse. Les joueuses n’arrivent plus à suivre le rythme imposé par l’adversaire. Les séquences collectives disparaissent progressivement et les bonnes passes deviennent rares. Dès lors, l’issue du match semble presque inévitable.

Une question s’impose : que font les préparateurs physiques ?

Ce scénario, nous l’avons déjà observé à de nombreuses reprises. Chez les seniors comme chez les juniors. Chez les hommes comme chez les femmes.

Que fait alors la Direction technique nationale de la Fédération burundaise de football pour remédier à ce problème récurrent ?

Le football moderne ne se gagne plus uniquement grâce au talent. Il se joue aussi, et de plus en plus, sur le plan athlétique.

Les supporters sont unanimes. Ils demandent à la masion à trois lettres, la FFB, d’accorder une attention particulière à la préparation physique des joueurs et joueuses. Ils demandent également aux entraîneurs d’assumer leur part de responsabilité au lieu de se réfugier systématiquement derrière les mêmes justifications.

Cet appel est d’autant plus légitime que l’on connaît les sacrifices consentis par les Burundais pour la rénovation du Stade Intwari.

La récompense de ces efforts doit-elle être de voir leurs équipes nationales s’incliner encore et encore sur une pelouse qu’ils ont contribué à reconstruire à la sueur de leur front ?

Les supporters méritent mieux.

Et le football burundais aussi.

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