« CNL : le dilemme Rwasa à l’approche de la présidentielle de 2027 »

Juste Nobel Nkunzimanajuillet 14, 20266min310
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À moins d’un an de l’ouverture du processus électoral devant conduire à la présidentielle de 2027, le paysage politique burundais commence progressivement à se dessiner. Le CNDD-FDD, au pouvoir, a déjà investi le président Évariste Ndayishimiye pour briguer un nouveau mandat. L’APDR a également officialisé son candidat. Une seule grande formation de l’opposition tarde encore à franchir le pas : le Congrès national pour la liberté (CNL).

Ce silence alimente les interrogations. Relève-t-il d’une stratégie politique visant à retarder l’entrée en campagne ou traduit-il les répercussions du conflit qui oppose toujours l’ancien président du parti, Agathon Rwasa, à l’actuelle direction ?

Pour Thérence Manirambona, porte-parole du CNL, il n’existe aucun lien entre ces deux dossiers.

Le calendrier du CNL dicté par les textes

Interrogé par Iris News, Thérence Manirambona affirme que la désignation du candidat du CNL obéit exclusivement aux dispositions de la Constitution burundaise, du Code électoral ainsi qu’aux statuts du parti.

« Le moment venu, nous présenterons notre candidat. Nous suivons quotidiennement l’évolution du processus électoral et nous agirons conformément à nos textes », explique-t-il.

Le porte-parole refuse ainsi toute comparaison avec les autres formations politiques qui ont déjà officialisé leurs candidats. Selon lui, chaque parti demeure libre de son calendrier politique et aucune disposition légale n’impose une annonce anticipée des candidatures.

Le procès Rwasa continue d’alimenter les débats

Malgré cette mise au point, le nom d’Agathon Rwasa reste au cœur des discussions sur l’avenir du CNL.

Ancien président du parti et figure majeure de l’opposition burundaise depuis plus de deux décennies, Agathon Rwasa conteste la légitimité de l’équipe actuellement à la tête du CNL. Ce différend est désormais porté devant la justice, nourrissant les spéculations sur ses éventuelles conséquences politiques.

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Thérence Manirambona

Pour Thérence Manirambona, cette procédure judiciaire ne remet toutefois pas en cause les préparatifs électoraux du parti.

Selon lui, Agathon Rwasa a été démis de ses fonctions après avoir été accusé, par ses adversaires internes, d’avoir favorisé les divisions au sein du CNL, d’avoir mal géré le patrimoine du parti et d’avoir instauré une gouvernance jugée trop personnalisée. Il rappelle que les dirigeants actuels ont été élus conformément aux statuts du CNL avant d’être reconnus par les autorités compétentes.

À ses yeux, le recours introduit par Agathon Rwasa devant les juridictions n’affecte donc ni la légitimité des instances dirigeantes ni leur capacité à préparer les prochaines échéances électorales.

Une investiture qui reste ouverte, mais hautement politique

Une autre question demeure : Agathon Rwasa pourrait-il, malgré son éviction de la présidence du parti, redevenir le candidat du CNL à l’élection présidentielle de 2027 ?

La réponse de Thérence Manirambona suggère que sa candidature reste juridiquement possible : « Tout membre du CNL qui remplit les conditions prévues par les textes du parti a le droit de se porter candidat », affirme-t-il.

Autrement dit, Agathon Rwasa n’est pas exclu du parti en tant que militant. En revanche, il peut-être candidat. Et son éventuelle investiture dépendra exclusivement des organes compétents du CNL, notamment du congrès et des instances habilitées à désigner le candidat officiel.

Cette précision laisse subsister une possibilité théorique, sans préjuger des rapports de force qui traversent encore le parti.

Au-delà de la question du calendrier, le CNL joue désormais une part importante de sa crédibilité politique. Longtemps identifié à la personnalité d’Agathon Rwasa, le parti cherche à démontrer qu’il est en mesure de fonctionner sous une nouvelle direction et d’aborder les élections de 2027 sans dépendre de son ancien leader.

Dans le même temps, le maintien de Rwasa parmi les membres du CNL entretient une ambiguïté politique : il demeure lié au parti tout en contestant la légitimité de ceux qui le dirigent.

À mesure que l’échéance présidentielle approche, le choix du candidat du CNL apparaîtra donc comme bien plus qu’une simple formalité. Il constituera un véritable test de cohésion interne et un indicateur de la capacité de la principale force d’opposition à dépasser ses divisions ou, au contraire, à les voir resurgir au cœur de la campagne électorale.

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