Burundi-Maroc : dix accords déjà signés, place maintenant à leur mise en œuvre

Guillaume Muhozajuin 20, 20267min750
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Dix accords de coopération ont été signés entre le Burundi et le Maroc. Reste, désormais, à les traduire en résultats concrets sur le terrain. C’est le message porté par le ministre burundais des Affaires étrangères, de l’Intégration régionale et de la Coopération au développement, Édouard Bizimana, en visite de travail à Rabat ce vendredi 19 juin, où il a rencontré son homologue marocain, Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger.

« Le Maroc se tient au côté du Burundi »

Lors d’une conférence de presse conjointe, Édouard Bizimana a salué la constance de l’appui marocain à Bujumbura :

« Le Burundi apprécie le soutien du Maroc, l’accompagnement dans le développement, du Royaume du Maroc, dans ses engagements internationaux, mais également dans la mission confiée par l’Union africaine, puisque c’est le Burundi qui dirige aujourd’hui l’Union Africaine. Il y a eu beaucoup d’engagements, beaucoup de priorités, et le Maroc se tient au côté du Burundi pour que l’Afrique que nous voulons soit une réalité. »

Le chef de la diplomatie burundaise a insisté sur l’excellence des relations bilatérales entre les deux pays, marquées par la tenue régulière des réunions de la commission mixte, mais aussi par de multiples visites et rencontres entre officiels des deux capitales. Il a également salué une convergence de valeurs sur la scène internationale, autour du multilatéralisme et du dialogue.

De son côté, Nasser Bourita a indiqué que Rabat et Bujumbura s’étaient entendus pour tenir, avant la fin de l’année 2026, la prochaine session de la Haute Commission mixte de coopération économique. Le ministre marocain a par ailleurs salué l’action du Burundi à la tête de l’Union africaine, tandis que Bizimana a remercié le Maroc pour son soutien à la présidence burundaise de l’organisation continentale, exercée sous l’impulsion du Président Évariste Ndayishimiye.

Le ministre burundais a en outre salué les initiatives royales en faveur du continent surtout l’Initiative royale pour le Sahel, qui vise à faciliter l’accès des pays sahéliens à l’océan Atlantique en les connectant aux réseaux de transport et de communication de leur environnement régional.

Un soutien réaffirmé sur le dossier du Sahara

Au-delà du volet économique, la rencontre a été l’occasion pour Bujumbura de réitérer sa position sur le dossier du Sahara. Dans un communiqué conjoint sanctionnant les entretiens, le Burundi a renouvelé son soutien constant et indéfectible à l’intégrité territoriale et à la souveraineté du Maroc sur l’ensemble de son territoire, y compris la région du Sahara.

Bujumbura a également réaffirmé son appui au plan d’autonomie marocain, qualifié de « seule solution crédible et réaliste au différend régional », tout en exprimant son plein soutien aux efforts menés par les Nations unies pour faire avancer les négociations sur cette base.

Pour tenter de mettre fin à un conflit qui dure depuis près d’un demi-siècle, le Maroc a défendu un plan d’autonomie pour le Sahara occidental, territoire disputé qui doit, selon Rabat, devenir une région, dans le cadre de sa souveraineté et de son « unité nationale ».

Le ministre burundais, a salué l’adoption par le Conseil de sécurité de la résolution 2797, qu’il considère comme un renforcement de l’initiative d’autonomie sous souveraineté marocaine en tant que fondement d’un règlement politique durable.

Une relation bilatérale en plein essor

Cette rencontre s’inscrit dans la continuité d’une dynamique amorcée depuis quelques années. Le 12 mai 2025 à Rabat, la première session de la Commission mixte de coopération avait débouché sur la signature de dix accords couvrant un large éventail de domaines : agriculture, santé, infrastructures, gouvernance locale, tourisme ou encore formation professionnelle.

Une feuille de route avait également été adoptée à cette occasion, balisant la coopération maroco-burundaise jusqu’en 2027. Dans la foulée, plusieurs délégations burundaises ont déjà été à Rabat pour s’inspirer de l’expérience marocaine, notamment en matière de gouvernance, de politique monétaire et de financement du développement.

Ce rapprochement se lit aussi dans l’économie réelle. En décembre 2025, le Maroc avait dépêché à Bujumbura une délégation de 27 responsables représentant 16 institutions publiques et privées, à l’occasion de la Table Ronde des Investisseurs. Un signal fort, et un symbole : de cette rencontre est née une coopération inédite, avec le lancement de la plateforme de formation numérique « Yool Education », portée par l’opérateur marocain Innovatics en partenariat avec le Centre de formation polytechnique et de reconversion professionnelle de Rusi (CEFORE-RUSI).

L’initiative permet de former plusieurs jeunes Burundais aux métiers du numérique, notamment via un centre de coding « Web4Jobs », ainsi qu’à la formation continue d’enseignants du secteur agropastoral.

On ne manquera pas de mentioner que chaque année, le Royaume du Maroc octroie des bourses d’études à des étudiants burundais dans différentes filières, un appui qui s’ajoute à un partenariat désormais installé dans la durée entre les deux pays.

 

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