Luis Antonio Tagle, nouveau doyen des cardinaux : le Burundi peut-il espérer son premier cardinal ?

Guillaume Muhozaoctobre 14, 20265min830
Cardinal Tagle au Burundi 1 _ IRISNEWS
23:41:16mercredi 14 octobre 2026Bujumbura · GMT+2

Élu doyen du Collège des cardinaux le 8 octobre, le Philippin Luis Antonio Tagle, 69 ans, succède à l’Italien Giovanni Battista Re. Reçu au Burundi en mai dernier pour le 75e anniversaire du Grand Séminaire Saint-Pierre-Claver de Burasira, il connaît déjà l’Église burundaise. Sa nouvelle position relance une question sensible pour le pays : alors que presque toutes les Eglises de la région est-africaine comptent des cardinaux, le Burundi n’en a toujours pas. Une nomination dépendrait toutefois du pape Léon XIV, et non du nouveau doyen.

Le Burundi l’avait accueilli en mai. Cinq mois plus tard, le cardinal Luis Antonio Gokim Tagle accède à l’une des fonctions les plus prestigieuses de l’Église catholique.

Approuvée par le pape Léon XIV, son élection au décanat du Collège des cardinaux marque une nouvelle étape dans le parcours de ce prélat philippin, ancien archevêque de Manille et figure importante de la Curie romaine.

Du 16 au 18 mai 2026, Tagle avait séjourné au Burundi pour le 75e anniversaire du Grand Séminaire Saint-Pierre-Claver de Burasira. Il était alors pro-préfet du Dicastère pour l’Évangélisation. Le voici désormais à la tête du collège qui participe notamment à l’élection du pape.

Le Burundi, toujours sans cardinal

La nomination de Tagle remet en perspective une réalité peu évoquée : le Burundi n’a jamais eu de cardinal, contrairement à plusieurs pays de la région, dont le Rwanda, représenté par le cardinal Antoine Kambanda, archevêque de Kigali.

Cette absence ne traduit pas nécessairement un manque de poids de l’Église burundaise. Celle-ci dispose d’un important réseau de diocèses, de paroisses, de séminaires et d’institutions éducatives et sanitaires. Mais elle demeure sans représentant au sein du Collège des cardinaux.

Un cardinal burundais renforcerait la visibilité de l’Église locale dans les instances romaines. Reste que le cardinalat n’est ni un quota national ni une récompense automatique liée au nombre de fidèles. Seul le pape décide de la nomination des cardinaux. La nouvelle fonction de Tagle ne lui donne donc pas le pouvoir de désigner un prélat burundais.

La question n’en demeure pas moins ouverte : le pontificat de Léon XIV verra-t-il le Burundi accéder, à son tour, au cardinalat ?

Un visage déjà familier au Burundi

La visite de Tagle s’inscrivait dans une séquence marquée par les déplacements au Burundi d’autres hauts responsables du Saint-Siège, notamment les cardinaux Michael Czerny et Pietro Parolin. Entre la reconnaissance de Mugera comme basilique mineure et les célébrations de Burasira, ces visites ont mis en lumière le patrimoine et les institutions de l’Église burundaise.

Bien qu’elles ne permettent néanmoins de conclure qu’une nomination cardinalice est envisagée, elles rappellent la place de l’Église burundaise dans les relations avec Rome, notamment en matière de formation sacerdotale, d’éducation et d’action sociale.

De ma part, le 15 mai dernier, à l’aéroport international Bole d’Addis-Abeba, j’ai croisé le cardinal Tagle alors que nous nous apprêtions à rejoindre Bujumbura. Nous avons pris le même avion.

J’en garde une photographie prise ensemble, souvenir personnel d’une rencontre dont l’actualité vient de prendre une nouvelle dimension.

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