Entre parcours scolaire et académique, engagement associatif et expérience professionnelle : un pari pour accéder aux opportunités de formation à l’international

La Rédactionseptembre 24, 202612min550
WhatsApp Image 2026-09-24 at 11.49.19 AM

Par Axel Keza, Biostatisticien en santé publique et en recherche épidémiologique, actuellement étudiant en Master 2 de Santé publique, parcours Épidémiologie, à l’Université Claude Bernard Lyon 1 (France). Ancien membre actif et responsable au sein de plusieurs organisations estudiantines et associatives au Burundi.

Alors que l’année scolaire 2026-2027 vient de débuter et que de nombreuses bourses d’études ouvrent leurs candidatures à travers le monde, il est utile de rappeler que l’accès aux opportunités internationales ne repose pas uniquement sur les résultats académiques. Aujourd’hui, l’engagement associatif, les compétences de leadership, la maîtrise des langues et les expériences professionnelles constituent également des atouts déterminants pour les jeunes Burundais souhaitant poursuivre leurs études ou développer leur carrière à l’international.

Les réformes éducatives : des avancées, mais aussi des défis

Au cours de la dernière décennie, le Burundi a entrepris d’importantes réformes de son système éducatif. L’École fondamentale a été progressivement introduite à partir de l’année scolaire 2012-2013, tandis que le système universitaire BMD (Baccalauréat-Master-Doctorat) est entré en vigueur dès l’année académique 2011-2012.

Ces réformes ont profondément modifié l’organisation des enseignements. Le cycle du tronc commun a été réduit de quatre à trois années, tandis que le premier cycle universitaire est passé de quatre années de licence à trois années de baccalauréat. Dans le même temps, plusieurs programmes ont été révisés, certains cours étant allégés, fusionnés ou supprimés.

Si ces changements ont permis une harmonisation avec les standards internationaux, ils ont également soulevé des interrogations quant au développement de certaines compétences transversales essentielles, notamment la communication orale, la rédaction et l’esprit critique.

Le rôle irremplaçable des activités para-académiques

Le système BMD repose sur un principe fondamental : l’étudiant doit devenir acteur principal de son apprentissage, tandis que l’enseignant joue davantage un rôle de facilitateur. Cette approche exige autonomie, initiative et capacité d’expression.

Or, de nombreux étudiants éprouvent encore des difficultés à prendre la parole en public, à défendre leurs idées ou à rédiger des documents professionnels de qualité. Face à cette réalité, les clubs académiques, associations estudiantines et autres organisations de jeunesse jouent un rôle déterminant.

Ces espaces permettent aux jeunes de développer des compétences souvent peu abordées dans les programmes académiques : rédaction de rapports, lettres administratives, notes conceptuelles, animation de réunions, prise de parole en public ou encore gestion de projets.

 

Au-delà des apprentissages techniques, ces organisations offrent également une première expérience du leadership. De nombreux jeunes y occupent des postes à responsabilité qui les amènent à coordonner des équipes, gérer des ressources et conduire des initiatives au service de leur communauté. Ces expériences constituent souvent une véritable école de la vie professionnelle.

L’anglais : d’un avantage compétitif à une nécessité

L’évolution du marché du travail au Burundi et dans la région a profondément transformé le statut de la langue anglaise. Depuis l’adhésion du Burundi à la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC), l’anglais occupe une place croissante dans les échanges académiques, économiques et professionnels.

Aujourd’hui, la maîtrise de l’anglais ne constitue plus seulement un avantage ; elle devient progressivement une exigence dans de nombreux secteurs. Qu’il s’agisse de la fonction publique, des organisations internationales, des ONG, des banques ou des entreprises privées, les employeurs recherchent des profils capables d’évoluer dans un environnement bilingue, voire multilingue.

Conscients de cette réalité, plusieurs centres de formation, clubs linguistiques et initiatives communautaires contribuent à renforcer les compétences linguistiques des jeunes. L’accent est souvent mis sur l’expression orale, qui demeure l’un des principaux défis pour de nombreux apprenants.

Les opportunités internationales : la récompense d’un parcours construit dans la durée

Il fut un temps où les opportunités d’études à l’étranger circulaient principalement par le bouche-à-oreille et où les procédures de candidature exigeaient d’importants moyens financiers et logistiques. Aujourd’hui, Internet et les réseaux sociaux ont considérablement démocratisé l’accès à l’information.

À partir d’un simple téléphone portable ou d’un ordinateur connecté à Internet, un étudiant peut désormais accéder à des centaines d’opportunités académiques à travers le monde.

Chaque année, notamment entre septembre et novembre, de nombreux programmes de bourses ouvrent leurs appels à candidatures pour l’année académique suivante. Parmi les plus connus figurent Campus France, le DAAD, les bourses ARES, VLIR-UOS,  Chevening, les bourses turques, PAU, AIMS, EAC et bien d’autres.

Cependant, ces opportunités sont souvent très compétitives. Les dossiers de candidature exigent généralement :

  • un curriculum vitae solide ;
  • une lettre de motivation convaincante ;
  • des lettres de recommandation ;
  • des preuves d’engagement communautaire ou associatif ;
  • des justificatifs de compétences linguistiques ;
  • ainsi que les relevés de notes, attestations et diplômes académiques.

Dans de nombreux cas, l’ensemble de ces documents doit être rédigé ou traduit en anglais.

Ainsi, les candidats les plus compétitifs sont souvent ceux qui ont su combiner excellence académique, engagement associatif, compétences linguistiques et premières expériences professionnelles.

Construire son avenir dès aujourd’hui

L’une des erreurs les plus fréquentes consiste à commencer à préparer son dossier de candidature seulement quelques semaines avant la date limite d’un appel à bourses. En réalité, un profil compétitif se construit progressivement, parfois plusieurs années à l’avance.

Chaque conférence suivie, chaque activité associative menée, chaque responsabilité assumée, chaque expérience professionnelle acquise et chaque compétence développée contribuent à enrichir un parcours.

Dans un monde devenu un véritable village global, les frontières géographiques sont de moins en moins un obstacle. Une université, une organisation ou un recruteur situé à plusieurs milliers de kilomètres peut découvrir votre profil, apprécier votre parcours et vous offrir une opportunité sans vous avoir jamais rencontré.

C’est pourquoi il est essentiel pour les jeunes Burundais de considérer leur parcours comme un investissement de long terme. Les opportunités internationales ne se préparent pas à la dernière minute ; elles sont souvent le fruit d’un travail constant, d’un engagement durable et d’une vision construite pas à pas.

Bio-express

Axel Keza est biostatisticien et spécialiste en suivi-évaluation des projets. Il est titulaire d’un Master en Biostatistique obtenu en janvier 2026 à l’Université d’Abomey-Calavi (Bénin), d’un Postgraduate Diploma en Suivi-Évaluation des projets obtenu en 2023 à l’Uganda Technology and Management University (UTAMU, Ouganda) et d’un baccalauréat en Statistique obtenu en 2021 à l’Université du Lac Tanganyika (Burundi).

Depuis 2022, il a occupé des fonctions de suivi-évaluation, de recherche et de consultation auprès de plusieurs organisations nationales et internationales, notamment Right To Play, Eirene Grands Lacs, la Plateforme des Intervenants en Psychosocial et Santé Mentale (PIPSM), Jimbere Magazine et ELAGA. Il intervient partiellement comme formateur en statistiques appliquées, gestion des données et outils numériques au sein de plusieurs centres de formation, dont Socrates Academy for Project Management (SAP Ltd) à Nairobi, Ejo Youth Empowerment (EYE) et Africa Innovative Hub for Development (AFID) à Bujumbura.

Engagé dans le mouvement associatif depuis 2017, Axel Keza a exercé plusieurs responsabilités de leadership au Burundi. Il a notamment été Secrétaire général puis Président du Club Statistique de l’Université du Lac Tanganyika, ainsi que Coordinateur des Jeux au sein du Club Génies en Herbe Burundi. Il est actuellement Coordinateur de la communication et des relations publiques de l’Association des Professionnels de la Statistique du Burundi (APROSTAB).

À l’échelle continentale, il est Secrétaire général en chargé du portefeuille francophone au sein de la Young African Statisticians Association (YASA) et a été bénéficiaire du programme « Takwimu for Young African Statisticians » du Centre Africain pour la Statistique. En octobre 2025, il a représenté le Burundi au 65e Congrès mondial de la statistique organisé à La Haye, aux Pays-Bas.

Au niveau international, il est membre de l’American Statistical Association (ASA) et siège depuis janvier 2026 au Conseil de l’International Development Section de la Royal Statistical Society (RSS).

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *


A propos de nous

Iris News est un média burundais généraliste avec 6 agrégats éditoriaux qui articulent l’essentiel de son offre d’information : Affaires, Écologie, EAC, Jeunesse, Culture et Sport. Iris News, se définit comme « le média des possibles » destiné à aider les jeunes burundais à façonner un Burundi prospère et respectueux de l’environnement.


CONTACT US