Lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles : la CIRGL et ses partenaires renforcent leur engagement - IRIS NEWS

Guillaume Muhozaavril 27, 20267min20
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C’est dans la capitale politique du Burundi, Gitega, que s’est tenue du 20 au 22 avril 2026 la 32ᵉ réunion du Comité régional de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). Diplomates, experts et représentants des États membres y ont débattu d’une question centrale : comment faire en sorte que les immenses richesses du sous-sol de la région cessent d’alimenter des conflits armés pour devenir, au contraire, un moteur de développement et de stabilité ?

Le Secrétaire permanent en charge des ressources minières au Ministère en charge de l’énergie et mines, Martin Ndayizeye, a ouvert les travaux en soulignant l’importance stratégique de cette rencontre. Il a rappelé les fondements juridiques de la CIRGL,  la Déclaration de Dar-Es-Salaam (2004) et le Pacte de 2006, qui visent précisément à faire des ressources naturelles un facteur de stabilité régionale plutôt qu’une source de conflits.

La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence du Gouverneur de la province de Gitega, Liboire Bigirimana, et de l’Ambassadeur Bernard Ntahiraja, Coordinateur national de la CIRGL au Burundi. « Les minerais ne doivent plus alimenter la guerre, mais plutôt servir la paix et la stabilité de la région », a-t-il déclaré.

Six outils au service de la traçabilité et de la transparence

Adopté en 2010, le Protocole contre l’exploitation illégale des ressources naturelles constitue le socle de cette architecture régionale. Il repose sur six outils complémentaires : certification des minerais, traçabilité des chaînes d’approvisionnement, bases de données régionales, mécanismes d’audit, harmonisation des cadres juridiques et suivi des flux commerciaux.

Les travaux ont porté sur l’évaluation des feuilles de route nationales, l’analyse des rapports du Secrétariat de la CIRGL et le renforcement des mécanismes d’audit et de suivi. Une attention particulière a été accordée à la certification de l’or et à la traçabilité des minerais, deux priorités dont la mise en œuvre effective reste un défi majeur pour plusieurs États membres.

L’Union européenne réaffirme son soutien stratégique

Le Chef de la Coopération à la Délégation de l’Union européenne au Burundi, Ivo Hoefkens, était présent dès le premier jour des travaux. Il a salué les avancées enregistrées lors des précédentes réunions tenues à Naïrobi et Kinshasa, avant d’insister sur la nécessité de traduire les engagements en actions concrètes sur le terrain.

« Le soutien européen ne se résume pas à des financements. Il vise à faire de l’exploitation minière un moteur de développement local, d’emplois et de recettes publiques, tout en réduisant la corruption et les violations des droits humains qui gangrènent le secteur », a-t-il affirmé.

L’Union européenne s’engage notamment à travers le Projet Paix et Sécurité dans la Région des Grands Lacs, mis en œuvre par IMPACT Transform avec le soutien de l’Allemagne et des Pays-Bas via la GIZ. Ce projet vise à améliorer la gouvernance minière, harmoniser les cadres juridiques nationaux et développer des bases de données régionales fiables.

Vers des résultats tangibles pour les populations

Au terme de ces trois jours de travaux, un message s’est imposé avec clarté : seule une action coordonnée, soutenue et vérifiable permettra de faire des ressources naturelles de la région des Grands Lacs un véritable levier de développement. Les États membres ont été appelés à dépasser les déclarations d’intention pour s’engager dans des réformes concrètes, mesurables et bénéfiques pour leurs populations.

Le Burundi, en accueillant cette réunion à Gitega, confirme son positionnement en faveur d’une gouvernance minière régionale transparente et responsable, un engagement réaffirmé par Martin Ndayizeye au nom du gouvernement burundais.

 

Le Secrétaire permanent au Ministère en charge de l’énergie et mines, Martin Ndayizeye
Chef de la Coopération à la Délégation de l’Union européenne au Burundi, Ivo Hoefkens
Le Gouverneur de la province de Gitega, Liboire Bigirimana
Le Directeur Général de l’Office Burundais des Mines et Carrières, Balthazar Nyanduye

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