Coupe du Monde 2026 : au Burundi, la grande bataille des droits TV laisse les téléspectateurs dans un angle mort

Canal+ écarté pour l’Afrique francophone, la RTNB silencieuse, Azam TV en embuscade. À moins de cinq jours du coup d’envoi, les Burundais ne savent toujours pas sur quelle chaîne ils pourront suivre la compétition.
La question, en apparence anodine, devient chaque jour plus pressante : où regarder la Coupe du Monde au Burundi ? À l’heure où le Mondial s’apprête à débuter, les téléspectateurs burundais se retrouvent dans un vide inhabituel, sans diffuseur confirmé, sans annonce officielle.
Canal+, l’opérateur dominant en Afrique francophone, a bien participé à l’appel d’offres lancé par la FIFA. Mais l’issue n’a pas été favorable. « Nous n’avons finalement pas été retenus pour cette zone », confirme Chris Niyo, chargé de communication de Canal+ Burundi. Une absence qui rompt avec les habitudes de milliers de passionnés du football, habitués depuis des années à vivre la compétition sur les écrans du groupe français. Vers quoi se tourner désormais ?
SuperSport hors-jeu en zone francophone
Pour comprendre la situation, un rappel s’impose. En septembre 2025, Canal+ a finalisé le rachat de MultiChoice, le groupe sud-africain propriétaire de DStv, GOtv, Showmax, M-Net et SuperSport, une opération qui a placé l’ensemble de ces marques sous le contrôle du groupe français. Un rapprochement d’envergure, mais qui ne profite pas aux abonnés burundais : Canal+, devenu maison mère de SuperSport, n’a pu pour autant faire valoir ces droits sur son propre marché francophone. Les droits de diffusion de SuperSport couvrent les pays d’Afrique anglophone et lusophone, ainsi que certains territoires spécifiques, l’Afrique francophone en est expressément exclue. Résultat : les téléspectateurs burundais se trouvent dans l’angle mort d’un groupe qui détient pourtant, quelque part dans son portefeuille, les droits du Mondial.
Pour la zone francophone, c’est New World TV, l’opérateur togolais, qui a été désigné diffuseur attitré par la FIFA. Une information qui, à ce stade, ne change pas grand-chose pour le téléspectateur ordinaire de Bujumbura ou de Gitega : New World TV n’est pas distribué au Burundi.
Interrogé sur d’éventuelles alternatives locales, Chris Niyo évoque la piste des télévisions nationales : « Des chaînes locales pourraient acquérir les droits. Nous sommes encore dans l’attente d’une confirmation officielle et nous communiquerons dès que nous aurons davantage d’informations. » Une réponse prudente, qui trahit l’incertitude ambiante, à cinq jours du coup d’envoi.
La RTNB, un précédent sans suite confirmée
Au Burundi, la Radiotélévision nationale du Burundi (RTNB) a déjà assuré par le passé la retransmission de la compétition. Mais à ce stade, aucun signal officiel n’indique qu’elle se positionne pour cette édition.
Azam TV et le contournement « anglophone »
En attendant une clarification qui tarde à venir, deux options circulent parmi les téléspectateurs les mieux équipés. La première consiste à importer un décodeur Canal+ provenant d’un pays anglophone de la region, Rwanda, Tanzanie, Kenya, et à y souscrire un abonnement local permettant d’accéder aux chaînes SuperSport depuis le Burundi. Un montage techniquement possible, mais qui suppose démarches et surcoût non négligeables.
La seconde option s’appelle Azam TV. L’opérateur tanzanien a acquis les droits de diffusion de l’intégralité des 104 matchs du Mondial. Ses chaînes sont accessibles au Burundi pour les téléspectateurs disposant du matériel et de l’abonnement adaptés, une solution plus directe, à condition de franchir le pas.



