UNSAC : Bujumbura est-elle devenue la capitale sécuritaire de l’Afrique centrale ?

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Cela peut paraître fallacieux, mais plusieurs éléments me permettent aujourd’hui de soutenir cette affirmation.

Du 25 au 29 mai 2026, la capitale économique du Burundi a accueilli la 61e réunion ministérielle du Comité consultatif permanent des Nations Unies chargé des questions de sécurité en Afrique centrale (UNSAC). Organisée à l’Eden Garden Resort, cette rencontre s’inscrivait dans une dynamique de recherche de solutions aux défis sécuritaires qui continuent de secouer la sous-région.

Créé en 1992, l’UNSAC a pour mission de promouvoir la paix, le désarmement, la prévention des conflits ainsi que le renforcement de la confiance entre les États d’Afrique centrale.

Placée sous le thème : « Renforcement des mécanismes régionaux de prévention, de médiation et de règlement pacifique des conflits pour une paix durable et un développement résilient en Afrique centrale », cette 61e session a réuni à Bujumbura les délégations des États membres de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC).

Pendant quatre jours, les participants ont examiné les principaux défis sécuritaires auxquels fait face la région. Parmi les préoccupations abordées figuraient la situation des droits humains, le sort des personnes déplacées internes à la suite des conflits armés et des activités terroristes, ainsi que la persistance de l’insécurité dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Les travaux ont débuté mardi avec la réunion des points focaux de l’UNSAC dans les différents pays membres. Mercredi a été consacré aux experts. Jeudi, les délégations ont quitté les salles de conférence pour une activité symbolique de plantation d’arbres sur une colline de Bugarama, en commune Muramvya, dans la province de Gitega. Enfin, vendredi, la réunion du Conseil ministériel a marqué la clôture officielle des travaux.

Cette rencontre a réuni plusieurs personnalités de premier plan, parmi lesquelles le ministre burundais des Affaires étrangères et de la Coopération au développement, Édouard Bizimana, le président de la Commission de la CEEAC, Ezéchiel Nibigira, le représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour l’Afrique centrale, Parfait Onanga-Anyanga, ainsi que la coordinatrice résidente du système des Nations Unies au Burundi, Violet Kakyomya.

Six mois décisifs pour un Burundi à double casquette

À l’issue de cette réunion, le Burundi a officiellement pris la présidence tournante de l’UNSAC pour les six prochains mois, succédant ainsi à la Guinée équatoriale.

Cette responsabilité intervient alors que le pays assure déjà la présidence en exercice de l’Union africaine. Une double responsabilité diplomatique qui place désormais Bujumbura au cœur des efforts de paix, de sécurité et de coopération sur le continent.

Cette période s’annonce particulièrement exigeante dans un contexte marqué par la multiplication des conflits armés en Afrique. Du Soudan à l’Est de la RDC, en passant par le Sahel, plusieurs foyers de tension continuent d’alimenter l’instabilité régionale. À ces défis sécuritaires s’ajoutent des enjeux sanitaires, notamment l’actuelle épidémie d’Ebola, ainsi que les questions liées à l’accès à l’eau et à l’assainissement, qui figurent parmi les priorités de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

Avec onze États africains représentés, la 61e session ministérielle a débouché sur l’adoption de deux textes importants. Parmi eux figure la “Déclaration sur la prévention du déplacement interne et la protection des personnes déplacées en Afrique centrale.”

Les participants ont également adopté la “Déclaration de Bujumbura” sur le renforcement des mécanismes régionaux de prévention, de médiation et de règlement pacifique des conflits pour une paix durable et un développement résilient en Afrique centrale.

Une opportunité pour renforcer le leadership diplomatique du Burundi

Que représente réellement cette présidence pour le Burundi ?

Pour les initiés à la diplomatie, cette fonction reste avant tout une responsabilité tournante qui ne découle pas nécessairement d’un statut particulier. Toutefois, le contexte actuel lui confère une portée bien plus significative.

Le Burundi préside aujourd’hui l’Union africaine. Le président Évariste Ndayishimiye est également envoyé spécial de l’Union africaine pour le Sahel. Le pays a déployé des troupes dans l’Est de la RDC et continue de participer à plusieurs missions de maintien de la paix, notamment en République centrafricaine et en Somalie.

Cette accumulation de responsabilités place progressivement le Burundi au centre de plusieurs mécanismes de décision liés à la sécurité régionale et continentale. Une position qui pourrait contribuer à renforcer son influence diplomatique en Afrique. D’où, je pars pour affirmer que Bujumbura est devenue la capitale sécuritaire de l’Afrique centrale, du moins le temps d’une année.

Le pays est ainsi appelé à jouer un rôle accru de facilitateur et de médiateur dans la recherche de solutions durables aux crises qui secouent la région. L’objectif demeure le même : favoriser le règlement pacifique des conflits et consolider la stabilité en Afrique centrale.

 

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