ONU : Après avoir consulté Ndayishimiye, Macky Sall retire sa candidature

La Rédactionoctobre 17, 20267min550
Macky Sall_avec_Amb_Zéphyrin
22:22:01samedi 17 octobre 2026Bujumbura · GMT+2

L’ancien président sénégalais Macky Sall a annoncé, ce samedi 17 octobre 2026 à Marrakech, le retrait de sa candidature au poste de secrétaire général de l’ONU. Cette décision intervient au lendemain d’un vote informel au Conseil de sécurité et après des consultations avec le président burundais Évariste Ndayishimiye et son homologue sénégalais, Bassirou Diomaye Faye. Soutenue par Bujumbura depuis février, sa candidature n’a finalement pas obtenu l’adhésion de l’Union africaine. Retour sur les étapes d’une tentative qui aura mis à l’épreuve la diplomatie burundaise.

25 février 2026 : Bujumbura

Tout commence à Bujumbura. Macky Sall, ancien président du Sénégal, est reçu par Évariste Ndayishimiye, devenu dix jours plus tôt président en exercice de l’Union africaine pour 2026, à l’issue de la 39e session ordinaire de l’organisation, tenue à Addis-Abeba le 14 février.

Macky Sall vient solliciter son soutien pour succéder à António Guterres à la tête des Nations unies.

L’enjeu est d’autant plus important que sa demande de soutien adressée, le 5 février, aux autorités sénégalaises est restée sans réponse. À cette période, les relations entre Macky Sall et son successeur, Bassirou Diomaye Faye, sont particulièrement tendues.

2 mars 2026 : New York

Le représentant permanent du Burundi auprès des Nations unies adresse une lettre officielle à la présidence de l’Assemblée générale pour annoncer que son gouvernement, en sa qualité de président en exercice de l’Union africaine, présente Macky Sall comme candidat au poste de secrétaire général.

Le dépôt de la candidature est confirmé par la porte-parole de l’Assemblée générale.

L’objectif de Gitega est de donner à cette initiative une portée continentale, en présentant Macky Sall comme un candidat africain plutôt que comme le seul représentant du Sénégal.

Début mars 2026 : Addis-Abeba, la rupture

La démarche burundaise se heurte rapidement à des résistances. Une procédure d’approbation en urgence, engagée par le Burundi au sein de l’Union africaine, échoue face aux objections d’une vingtaine d’États membres.

Selon des informations rapportées par des médias, plusieurs pays, dont l’Algérie, l’Afrique du Sud et le Nigeria, s’opposent à une approbation rapide ou demandent davantage de temps. L’Union africaine ne valide donc pas le projet de décision destiné à entériner officiellement la candidature de l’ancien président sénégalais.

D’emblée, Gitega se retrouve confronté à une difficulté majeure : faire d’une initiative diplomatique burundaise une candidature bénéficiant d’un véritable consensus continental.

17 juillet 2026 : Dakar, le tournant

Malgré ces revers à l’UA, le Burundi maintient son engagement. L’envoyé spécial du pays auprès des Nations unies, Zéphyrin Maniratanga, apparaît aux côtés de Macky Sall, du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye et de l’ancien président bissau-guinéen Umaro Sissoco Embaló à Dakar.

Cette rencontre s’inscrit dans la tournée de Macky Sall destinée à mobiliser des soutiens, mais elle marque surtout un tournant : c’est le moment où Bassirou Diomaye Faye endosse publiquement la candidature de son prédécesseur. Un geste lourd de sens alors que faisait rage la brouille entre Bassirou Diomaye Faye et son ancien mentor, devenu opposant, Ousmane Sonko.

Jusque-là, Dakar était resté silencieux depuis la demande officielle de soutien adressée par Macky Sall à son pays le 5 février 2026.

16 octobre 2026 : le vote test du Conseil de sécurité

Un vote informel est organisé au Conseil de sécurité afin d’évaluer les chances des différents candidats à la succession d’António Guterres.

Cette étape constitue un test important pour les prétendants au poste. La compétition fait notamment émerger des candidatures latino-américaines et caribéennes, tandis que la possibilité de voir une femme accéder à la tête de l’organisation reste au cœur des discussions.

17 octobre 2026 : le retrait

Au lendemain de ce vote, Macky Sall annonce, depuis Marrakech, le retrait de sa candidature. Il affirme avoir pris cette décision après des consultations avec Évariste Ndayishimiye, président du Burundi et président en exercice de l’Union africaine, ainsi qu’avec Bassirou Diomaye Faye, président du Sénégal et président en exercice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

Il explique agir « avec un profond sens des responsabilités », dans le but de « favoriser l’émergence d’une candidature consensuelle au sein du Conseil de sécurité ».

L’ancien chef de l’État remercie Évariste Ndayishimiye pour avoir parrainé sa candidature, Bassirou Diomaye Faye pour l’avoir soutenue, ainsi que les membres du Conseil de sécurité qui ont voté en sa faveur.

Dans sa déclaration, il estime que « l’Afrique doit continuer à faire entendre sa voix pour occuper la place qui lui revient dans la gouvernance mondiale ». Il appelle également à une transformation profonde des méthodes de travail des Nations unies.

La succession d’António Guterres, dont le mandat s’achève à la fin de 2026, doit se jouer dans les prochains mois. Parmi les autres candidats figurent notamment l’Argentin Rafael Grossi, la Costaricaine Rebeca Grynspan et la Guyanaise Carolyn Rodrigues-Birkett.

Pour le Burundi, le retrait de Macky Sall clôt une séquence diplomatique ambitieuse, mais marquée par l’absence de consensus africain autour de son candidat. Il laisse aussi en suspens une question : jusqu’où Gitega peut-il peser sur les grandes échéances internationales lorsqu’il ne parvient pas à rallier l’ensemble du continent à son initiative ?

Auteur/autrice

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *


A propos de nous

Iris News est un média burundais généraliste avec 6 agrégats éditoriaux qui articulent l’essentiel de son offre d’information : Affaires, Écologie, EAC, Jeunesse, Culture et Sport. Iris News, se définit comme « le média des possibles » destiné à aider les jeunes burundais à façonner un Burundi prospère et respectueux de l’environnement.


CONTACT US


Auteur/autrice