« Venise nous attendait » : quand l’amour défie le temps et les silences - IRIS NEWS

Guillaume Muhozafévrier 6, 20265min110
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À seulement 20 ans, la Burundaise d’origine congolaise Hélène Lasœur Busime signe son premier roman, Venise nous attendait. Un texte sensible et habité, né d’une urgence intime selon l’autrice : celle de s’échapper du réel par l’écriture.

Réservée, observatrice plus que bavarde, la jeune autrice confie avoir trouvé dans la fiction un espace de liberté absolue. « Écrire ce roman a été le seul moyen pour moi d’être quelqu’un d’autre », explique-t-elle, évoquant le besoin de vivre une aventure, de braver l’interdit et d’écouter ses élans intérieurs plus que les cadres imposés par la réalité.

Cette quête d’ailleurs traverse jusque dans le titre du roman. Venise nous attendait résonne comme une promesse suspendue, un bonheur rêvé mais jamais atteint. Le choix du passé n’est pas anodin : il dit l’espoir inachevé, l’inaccessible. « Venise n’est pas seulement un lieu, c’est une destination intérieure, une idée du bonheur. On croit toujours que l’herbe est plus verte ailleurs. Parfois, c’est vrai », confie la jeune écrivaine.

Au cœur du récit, Malkia, une jeune fille atteinte d’une insuffisance rénale chronique, consciente que ses jours sont comptés. Face à l’urgence de la mort, elle fait un choix radical : vivre pleinement ce qu’il lui reste. Aimer, surtout. Elle se lance dans une idylle avec Noah, le nouveau voisin d’en face, sans jamais lui révéler qu’elle est condamnée. Mais dans ce roman, l’amour n’avance jamais seul. Il charrie avec lui des silences lourds, des mensonges anciens et des filiations dissimulées. Les pères de Malkia et de Noah étaient liés, et le rejet paternel que Malkia croyait réel n’était qu’un mensonge soigneusement entretenu par sa mère, un secret parmi d’autres.

Malkia avance avec la peur d’être effacée, « comme un mot mal écrit sur la page du monde ». Noah, lui, marche en fuyant ses propres traces, encore hanté par la mort de son père. Leur rencontre agit comme un choc fragile, un battement d’ailes capable de bouleverser des existences suspendues. Ensemble, ils tentent de retenir le temps, de croire que l’amour peut suffire. Mais le destin, implacable, veille dans l’ombre. Peut-on vraiment échapper à ce qui est déjà écrit ?

Venise nous attendait est un roman sur le temps qui échappe, sur les identités qu’on tait et celles qu’on choisit. « On a le droit de changer de costume. Mieux encore, d’être qui l’on veut, quand on veut », affirme l’autrice. Une invitation à refuser les rôles imposés et à embrasser toutes les vies possibles, parce que la vie est trop courte pour se contenter d’un seul masque.

Née à Bujumbura en 2005, Hélène Lasœur Busime est une autrice burundo-congolaise lauréate des concours ATABI 2024 et Chansons Sans Frontières (18ᵉ édition). Étudiante à l’Université Lumière de Bujumbura, à la faculté des sciences de la communication, elle explore à travers romans, poèmes et slams les méandres de l’âme humaine, puisant dans l’intime pour écrire des textes à la fois sensibles et nécessaires.

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Le roman est disponible sur commande à la Librairie L’Harmattan, chez Fnac, Cultura, Amazon, Decitre, Chapitre.com, Place des Libraires, ainsi que directement auprès de l’autrice. Hélène Lasœur Busime souhaite que Venise nous attendait s’impose comme un roman d’apprentissage intime, où l’amour, la mort et le mensonge s’entrelacent dans une écriture délicate et profondément humaine.

 

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