Fun Factory : appuyer sur “PAUSE” pour mieux se retrouver - IRIS NEWS

Guillaume Muhozafévrier 2, 202610min190
IB1F0819.jpg

Il y avait, ce samedi 31 janvier à African Queen Empire, Rohero, Bujumbura, une atmosphère particulière. Fun Factory avait réuni femmes et filles, non pas pour assister à une conférence, encore moins écouter des experts aligner des vérités toutes faites, mais pour déposer le poids du quotidien, se rencontrer autrement, et surtout… parler. Si vous ne vous retrouvez pas, on vous explique.

Pour Ingabire Quinta, initiatrice du concept, l’idée est simple : créer des espaces où les femmes peuvent se retrouver, faire pause et briser la culture du silence. « On crée des espaces qui aident les femmes à se rencontrer, à mettre en pause le bruit de leurs quotidiens, pour venir parler, partager, questionner ce qu’on a intégré comme normalité », explique-t-elle.

Pourquoi les femmes ? Parce qu’elles éduquent, nourrissent, portent. Parce que le changement qui opère chez une femme se répercute sur toute la société. C’est donc par elles que Fun Factory a choisi de commencer.

Visiter Fun Factory sur Instagram 

Ici, pas de hiérarchie, pas de titres. PDG, entrepreneure, étudiante ou salariée : tout reste à la porte. Ce que tu es dehors importe peu. Ce que tu ressens, ce que tu vis, ce que tu portes intérieurement, voilà ce qui compte. « On n’amène pas des experts. On se soigne par le partage. On s’enrichit en écoutant l’autre », insiste Quinta.

Le concept repose sur un thème central, décliné en activités interactives, jeux, questions, échanges. Parce que l’apprentissage passe aussi, et surtout, par l’expérience. « Parce que le savoir-vivre, tout comme la connaissance, naît du partage. Je crois en ça », explique Quinta.

Purpose and Success, is this it ?

Ce samedi, le thème était “Purpose and Success”, une invitation à déconstruire les idées toutes faites autour du succès. Est-ce un compte bancaire bien rempli ? Une voiture, puis une maison ? Une course sans fin ?

À travers les jeux proposés, les participantes ont retracé leur parcours personnel, interrogeant l’origine de leurs croyances : l’environnement dans lequel elles ont grandi, les modèles éducatifs, l’école, la pression sociale, mais aussi l’influence grandissante des réseaux sociaux.

Beaucoup ont reconnu combien la comparaison tue l’unicité, nourrit l’insatisfaction permanente et éloigne de son propre chemin. La “peer pressure” a été explorée sans jugement, avec honnêteté. Des conseils ont émergé naturellement, portés par l’expérience vécue : apprendre à se recentrer, à ralentir, à bâtir une relation spirituelle, notamment avec Dieu, pour certaines.

C’est aussi un espace de connexions concrètes. Des amitiés naissent, des clientes se rencontrent, des partenariats se forment, parfois même des opportunités d’emploi émergent. Chacune partage ce qu’elle fait, ce qu’elle porte, ce qu’elle rêve. Et c’est, selon les mots de l’initiatrice, « beau à voir ».

L’une des plus grandes victoires du concept reste pourtant ailleurs : « Je me réjouis que les femmes viennent seules, pas accompagnées. Parce qu’on a l’habitude de voir les femmes aller en groupes. Malgré la peur initiale — “je ne connais personne”, “vais-je me sentir à ma place ?” — je les rassure, elles osent franchir la porte. Et repartent toujours contentes d’avoir de nouvelles amies. »

Fun Factory se tient une fois par trimestre et cible pour l’instant les femmes et jeunes femmes de 25 ans et plus. Un rendez-vous rare, précieux parce que nécessaire, dans un monde qui oublie trop souvent l’importance d’appuyer sur PAUSE.

Ingabire Quinta, initiatrice du concept

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *