
C’est très tôt le matin de ce samedi 28 février, à 6h, que le Président Ndayishimiye a quitté Bujumbura.
Le chef de l’État burundais, Évariste Ndayishimiye, également Président en exercice de l’Union Africaine, a pris part ce samedi à Malabo, en Guinée équatoriale, au 11e Sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP).
Il faut dire que c’est une semaine particulièrement chargée pour la diplomatie burundaise. Au lendemain de la nomination de l’ancien ministre des Affaires étrangères, Albert Shingiro, comme envoyé spécial du Président de la Commission de l’Union Africaine, le tumulte n’a pas tardé à s’inviter : vingt États membres de l’Union Africaine ont en effet brisé une procédure d’approbation en urgence lancée par le Burundi, président en exercice de l’UA, pour adouber l’ancien président sénégalais Macky Sall comme candidat africain au poste de Secrétaire général des Nations Unies. Les débats restent houleux à l’heure actuelle, et cette entrée en matière tumultueuse est celle dont Gitega se serait sans doute bien passée. C’est donc avec ce contexte diplomatique tendu en toile de fond que le Président Ndayishimiye a pris la direction de Malabo.
Placée sous le thème « Une OEACP transformée et renouvelée dans un monde en mutation », cette rencontre de haut niveau revêt une signification particulière : elle marque solennellement le cinquantième anniversaire de cette organisation fondée le 6 juin 1975, à la suite du fameux accord de Georgetown, en Guyana. Une organisation qui, au fil des décennies, a su évoluer et se transformer, avant d’être officiellement muée en OEACP le 5 avril 2020, élargissant ainsi son ambition et son périmètre d’action à l’échelle mondiale.
Comme il est d’usage dans tous les sommets de chefs d’État, les discussions au plus haut niveau ont été précédées par le Conseil des ministres des Affaires étrangères des pays membres. Les assises de la capitale équato-guinéenne visent à redéfinir en profondeur le rôle et la mission de l’organisation autour de trois axes majeurs, en tenant compte des profondes mutations géopolitiques qui bouleversent l’ordre mondial. Les échanges ont porté notamment sur le renforcement de la coopération Sud-Sud, le financement du développement, la résilience climatique face aux dérèglements qui frappent de plein fouet les pays membres, ainsi que l’intégration des innovations numériques comme levier de croissance et de modernisation.
Dans ce contexte, la présence du président Évariste Ndayishimiye s’inscrit dans une double lecture. Il lui revient d’abord de porter la voix du Burundi, d’en affirmer les potentialités et de repositionner un pays encore trop discret sur la scène internationale. Mais au-delà, en sa qualité de président en exercice de l’Union africaine, il élargit le propos : « Il a insisté, au nom du continent, sur la nécessité de renforcer les synergies pour inscrire l’action de l’OEACP dans une dynamique de solidarité active, de complémentarité et de responsabilité partagée, afin de faire entendre plus clairement la voix africaine dans la gouvernance mondiale », a tweeté la présidence du Burundi.
Le 11e Sommet de l’OEACP s’achève ce dimanche.