Électrocution mortelle à Gisuru : accident, négligence ou tentative de vol d’électricité ? - IRIS NEWS

Evalde Izikwumvamars 28, 20264min60
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Le 17 mars 2026, une tragédie a frappé la zone Gisuru, dans la province de Buhumuza. Sept hommes ont perdu la vie dans un accident d’électrocution survenu lors de travaux liés à l’installation de l’électricité. Derrière ce drame, une question persiste : s’agit-il d’un simple accident de chantier ou d’une affaire plus complexe impliquant des responsabilités multiples ?

Selon les informations recueillies, l’accident s’est produit tôt le matin, aux environs de 5 heures, dans la localité de Kiyagara, près d’une paroisse catholique. Des individus étaient en train d’ériger des poteaux électriques dans le cadre de l’extension du réseau domestique.

Mais une erreur fatale aurait été commise : le courant n’aurait pas été coupé au préalable. Lors de la manipulation, un poteau métallique est entré en contact avec une ligne à haute tension. Le choc électrique a été immédiat et fatal. Les sept personnes impliquées sont mortes sur le coup, leurs corps ayant été transférés à la morgue de l’hôpital de Gisuru.

Des responsabilités floues

Dans les jours qui suivent, les familles des victimes réclament des indemnisations. En face, la Régie de production et de distribution d’eau et d’électricité coupe court : aucune responsabilité. Les victimes, dit-elle, n’étaient pas ses employés.

Sur le terrain, les autorités locales avancent une autre lecture. Les travaux d’électrification, assurent-elles, étaient bien supervisés par la Regideso, en partenariat avec une entreprise privée adjudicataire du marché. C’est cette dernière qui aurait recruté les hommes présents ce matin-là — ceux-là mêmes qui ont perdu la vie.

À ce stade, les responsabilités restent difficiles à établir, tandis que les familles réclament réparation et que toute la lumière soit faite.

Tentative de vol

Le 26 avril, le directeur général de la Regideso, Jean Albert Manigomba, avance une tout autre hypothèse : les victimes ne travaillaient sur aucun chantier officiel. Elles auraient été impliquées dans une tentative de vol d’électricité.

Selon lui, des poteaux auraient été installés de manière anarchique pour se raccorder illégalement au réseau. Certains éléments techniques viennent appuyer cette version : des équipements non conformes au type de ligne de la zone, une installation en pleine brousse, loin de tout tracé reconnu.

Dans la foulée, trois suspects sont arrêtés et placés en détention. D’autres sont activement recherchés.

Une enquête attendue pour établir la vérité

Entre accident de travail, négligence grave et activité illégale, les circonstances exactes du drame restent encore floues. Les autorités administratives affirment avoir transmis le dossier aux instances compétentes, et une enquête judiciaire approfondie est attendue pour faire toute la lumière sur cette affaire.

Si certaines victimes ont pu être manipulées ou recrutées sans connaître les risques, la question de leur indemnisation reste entière. Le gouverneur de la province a été saisi, et les familles espèrent toujours obtenir justice.

En attendant les conclusions officielles, ce drame met en lumière les enjeux de sécurité liés à l’électrification rurale au Burundi, ainsi que les risques liés aux installations non contrôlées et au manque de coordination entre acteurs publics et privés.

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