À Gitega, la CIRGL renforce son engagement pour des chaînes d’approvisionnement responsables de minerais - IRIS NEWS

La Rédactionavril 15, 202610min220
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Avec le soutien notamment de l’Union européenne, la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs tient sa 28ème réunion du comité d’audit pour renforcer la traçabilité et la gouvernance des ressources minières dans la région.

Gitega accueille depuis ce lundi 14 avril 2026, la 28ème réunion du Comité d’audit de la CIRGL. Pendant quatre jours, dans la capitale politique du Burundi, des experts et représentants des États membres de la région se penchent sur l’un des dossiers les plus sensibles de la région : la lutte contre leur exploitation illégale en assurant des chaînes d’approvisionnement responsables.

La cérémonie d’ouverture a réuni, entre autres, l’Office Burundais des Mines et Carrières, ainsi que des représentants des États membres et plusieurs partenaires de la CIRGL.

Un mécanisme Régional de Certification de minerais qui se consolide

Au cœur des travaux de ces quatre jours : l’examen des rapports d’audit indépendants conduits dans plusieurs pays de la région, dont le Burundi, la ré-accréditation de cabinets d’audit et d’auditeurs individuels, ainsi que l’adoption d’outils de gouvernance devant encadrer les futures missions.

La précédente session, tenue à Kinshasa en novembre 2025, avait posé plusieurs jalons décisifs, meilleure structuration des procédures de sélection et de formation des auditeurs,etc.

Cette 28ème réunion entend franchir une étape supplémentaire comme l’a relevé le Président du Comité d’audit, M. Philip Kirui Kiplangat, les décisions prises ici auront des incidences directes sur la crédibilité et l’efficacité du Mécanisme Régional de Certification dans l’ensemble des États membres. « Notre rôle dépasse la simple révision technique », a-t-il souligné en ouvrant la session. « Nous devons garantir que le processus d’audit demeure indépendant, transparent, et aligné sur les standards internationaux, notamment les lignes directrices de l’OCDE sur le devoir de diligence. »

En mars 2026, une session de formation à l’intention des auditeurs accrédités a été organisée par le Secrétariat de la Conférence à Mbarara, Ouganda, une avancée saluée lors de l’ouverture. L’implication croissante d’auditeurs régionaux dans le processus permet non seulement de renforcer l’appropriation locale du mécanisme, mais aussi de réduire sensiblement les coûts opérationnels.

L’Union européenne, partenaire stratégique

Marie-Christine, chargée de programme Paix et Sécurité à la Délégation de l’Union européenne au Burundi a tenu à souligner l’engagement de l’institution dans ce processus de long terme.

« L’Union européenne est et restera aux côtés de la CIRGL dans cet effort », a-t-elle déclaré, avant de rappeler concrètement la nature de cet appui : le financement du projet « Paix et Sécurité dans la Région des Grands Lacs, Appui à la CIRGL et à ses États membres pour améliorer la gouvernance de leurs ressources minières », mis en œuvre par l’organisation IMPACT. L’objectif affiché est clair : faire en sorte que les minerais de la région des Grands Lacs « soient tracés, légaux, ne financent pas les conflits et contribuent au développement ».

Pour la représentante de l’UE, ces réunions d’audit ne sont pas de simples exercices bureaucratiques : « Ce sont des lieux où se construit la confiance, entre États membres, entre pouvoirs publics, secteur privé et société civile. » Elle a aussi tenu à saluer la résilience du Comité face aux tensions géopolitiques qui traversent la région, rappelant que ses travaux restent avant tout techniques, et qu’aucune incompréhension entre États ne devrait en bloquer le bon déroulement.

La 28ème réunion du Comité d’audit bénéficie par ailleurs du soutien financier du ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et du ministère des Affaires étrangères du Royaume des Pays-Bas, via la GIZ.

Minerais, paix et développement : un triangle indissociable

En filigrane de tous les discours d’ouverture se dessine une conviction partagée : la gouvernance des ressources minières n’est pas une fin en soi, mais un levier de paix et de stabilité pour une région qui en a plus que jamais besoin.

Le DAF de la CIRGL, Ham Mungyereza, représentant le Secrétariat exécutif, l’a rappelé en conclusion : « Notre objectif ultime demeure l’établissement d’une paix et d’une sécurité durables dans notre région, soutenues par une gestion transparente et responsable des ressources minières. »

Les travaux du Comité se poursuivent jusqu’au 17 avril, à l’issue desquels plusieurs rapports d’audit devraient être approuvés et de nouvelles procédures d’accréditation formellement adoptées.

 

 

 

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