« Nexus Burundi » : la promesse d’Enabel pour un saut entrepreneurial au Burundi - IRIS NEWS

La Rédactionmars 28, 20264min110
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Le programme « Nexus Burundi » se donne pour objectif de transformer 120 PME en championnes, créatrices d’emplois durables, sur une durée de 30 mois.

Ce 25 mars 2026, à Bujumbura, Enabel a donné le coup d’envoi du programme d’accélération des PME « Nexus Burundi », avec une promesse en filigrane : structurer les PME pour une croissance entrepreneuriale capable de tenir dans la durée.

Ainsi, une première cohorte de 40 entreprises a été dévoilée lors de la cérémonie, dont 30 % dirigées par des femmes — un signal de l’engagement d’Enabel à soutenir ces battantes du quotidien, qui représentent par ailleurs 52 % de la population selon le dernier recensement (source).

Ann Dedeurwaerdre, directrice pays d’Enabel

L’ambition est claire et méthodique. Enabel entend cibler les secteurs à fort potentiel — transformation agroalimentaire, énergies renouvelables, construction durable, artisanat — tout en les inscrivant dans une logique d’économie verte et circulaire.

« [Nous voulons] soutenir la résilience économique, renforcer la compétitivité et encourager une production locale respectueuse de l’environnement », résume Ann Dedeurwaerdre, directrice pays d’Enabel. Une ligne qui épouse les priorités globales, sans perdre de vue les réalités du terrain.

Diagnostic d’abord, accélération ensuite

Deux structures rompues à l’accompagnement entrepreneurial portent le dispositif : Fanaka & Co. et la Maison de l’Entrepreneur au Burundi. Elles affirment vouloir « diagnostiquer avant d’agir » : « Chaque PME fera l’objet d’une analyse fine de ses besoins — en finance, en structuration, en croissance — afin de bâtir un accompagnement sur mesure », explique Lionel Rey, associé directeur de Fanaka & Co.

Le dispositif prévoit l’intervention de « copilotes de croissance » et d’experts sectoriels, dans une logique de transfert de compétences. Un modèle déjà expérimenté dans plusieurs pays africains — du Bénin à la RDC — et que ses promoteurs entendent adapter aux fragilités spécifiques du tissu entrepreneurial burundais, encore marqué par un accès limité au financement et une structuration inégale.

L’idée est claire : transformer des initiatives existantes en véritables leviers économiques.

À la différence des programmes d’incubation classiques, Nexus Burundi s’adresse à des entreprises déjà établies. « Nous sommes sur un niveau de maturité plus avancé », souligne Fatoumata Sirifou Diallo, experte en entrepreneuriat et secteur privé.

Autrement dit, il ne s’agit plus de faire émerger des idées, mais d’accélérer des entreprises capables de changer d’échelle.

Dans les faits, les attentes sont à la hauteur des défis. Pour les bénéficiaires — de la transformation du soja à la valorisation des déchets, en passant par la production de charbon écologique — l’enjeu est double : gagner en capacité de production et créer de l’emploi. Une équation simple en apparence, mais souvent hors de portée sans accompagnement structuré.

 

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