
CE QU’IL FAUT SAVOIR :
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Le CNDD-FDD élit son secrétaire général ce dimanche 25 janvier 2026, lors d’un congrès national prévu à Gitega.
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Ce congrès intervient à l’issue de trois jours de prière d’action de grâce, marqués par des discours du chef de l’État et du secrétaire général sortant.
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Le choix du nouveau secrétaire général est particulièrement attendu, car il pourrait avoir des répercussions majeures sur le choix du candidat à la présidentielle de 2027.
Les cérémonies de prière d’action de grâce organisées par le parti CNDD-FDD à Gitega se sont achevées sur des messages centrés sur l’évaluation du chemin parcouru, la continuité de l’action politique et les défis à venir, à la veille du congrès national prévu ce 25 janvier 2026.
Dans son discours de clôture, le secrétaire général sortant du CNDD-FDD, Révérien Ndikuriyo, est revenu sur les cinq années passées à la tête du parti. Il a salué les réalisations enregistrées durant cette période, tout en remerciant les responsables du parti ainsi que le président de la République, Évariste Ndayishimiye, pour la collaboration entretenue.
Affirmant que le CNDD-FDD « se porte bien », Révérien Ndikuriyo a mis en avant l’implication des militants dans les activités de développement à travers tout le pays. Selon lui, les membres du parti contribuent activement au soutien des institutions de l’État et à la mise en œuvre des politiques publiques.
Alors que le parti s’apprête à élire un nouveau secrétaire général et une nouvelle équipe dirigeante pour le mandat 2026–2031, Révérien Ndikuriyo a assuré que les futurs dirigeants trouveront un cadre de travail structuré et fonctionnel. Il a appelé les militants à s’approprier pleinement la vision du parti, en cohérence avec la Vision Burundi pays émergent en 2040 et pays développé en 2060.
“Même sans fonction, je reste CNDD-FDD”
S’exprimant devant les militants de la province de Gitega, qui lui ont offert cinq vaches, un geste également adressé au chef de l’État, président du Conseil des sages du parti, Révérien Ndikuriyo a affirmé que, même s’il n’était pas reconduit, il ne se retirerait pas de la vie du parti.
Il a précisé qu’il continuerait à accompagner les militants à travers le programme ibiswi vy’inkona, consacré à l’enseignement de l’idéologie du parti aux jeunes générations, et soutenu par la Fondation Pax Burundi qu’il dirige. Ce programme vise, selon lui, à préparer les futurs cadres du CNDD-FDD, en particulier les jeunes, en tirant les leçons des expériences passées.
Le chef de l’État salue une collaboration “franche et fraternelle”

Prenant la parole à son tour, le président de la République, Évariste Ndayishimiye, également président du Conseil des sages du CNDD-FDD, a rendu hommage à Révérien Ndikuriyo pour le rôle joué au sein du parti au cours des cinq dernières années. Il a évoqué une collaboration étroite, estimant qu’elle a permis de rapprocher davantage les dirigeants et la population.
Le chef de l’État a souligné que les avancées réalisées par le CNDD-FDD sont irréversibles. À l’approche du congrès national, il a invité les militants à prier pour le bon déroulement de cette rencontre qu’il a qualifiée de décisive pour l’avenir du parti.
2027 : le président coupe court aux spéculations
Évariste Ndayishimiye est également revenu sur certaines rumeurs faisant état de divergences internes, notamment l’accusation selon laquelle Révérien Ndikuriyo ne le soutiendrait pas pour une éventuelle candidature présidentielle en 2027. Il a rejeté ces affirmations, indiquant qu’aucune décision n’avait été prise et que la question d’une candidature en 2027 ne faisait, à ce stade, l’objet d’aucun engagement personnel.
Il a par ailleurs qualifié Révérien Ndikuriyo d’« umujama », un ami proche de longue date, rappelant qu’ils ont traversé ensemble de nombreuses épreuves.
Société civile : appel à une évaluation sans complaisance

En marge de ces événements, Faustin Ndikumana, président de PARCEM, a interpellé les dirigeants du CNDD-FDD ainsi que ceux qui seront issus du congrès national à venir. Il les a appelés à procéder à une évaluation lucide et objective de la situation du pays, après plus de vingt années d’exercice du pouvoir.
Il a mis en avant plusieurs défis structurels persistants, notamment le coût de la vie, l’accès aux devises, le chômage, les infrastructures, l’énergie, l’approvisionnement en eau potable et l’accès aux services sociaux de base. Selon lui, les congrès du parti devraient constituer de véritables cadres de réflexion stratégique sur ces enjeux, et non de simples rencontres protocolaires.
Faustin Ndikumana a toutefois nuancé son propos en estimant que le fait pour le Burundi d’évoluer sous la direction d’un parti dominant ne constitue pas en soi un handicap. Il a rappelé que certains pays ont enregistré des avancées notables dans des contextes similaires, citant notamment la Tanzanie, l’Ouganda et Singapour, tout en soulignant que ces succès reposent sur des choix politiques clairs et des actions concrètes.
Il a conclu en insistant sur la portée des décisions actuelles : « L’image du pays aujourd’hui n’est pas à la hauteur des attentes, mais les choix posés maintenant détermineront si demain sera meilleur. »