
Alors que les jeunes Burundais investissent de plus en plus les réseaux sociaux pour s’exprimer, Iris News, soutenu par Share-Net Burundi, a organisé mardi, 03 décembre 2025, – un atelier consacré au rôle des associations de jeunesse dans la promotion d’une société plus juste et équitable. La rencontre visait à réfléchir sur l’impact du numérique dans la participation citoyenne et sur la manière dont les jeunes peuvent utiliser ces outils pour renforcer la cohésion sociale et défendre les droits humains.
L’atelier a réuni des représentants d’associations de jeunes, des journalistes, des activistes de la société civile. Plusieurs participants ont rappelé que publier des contenus en ligne reste une démarche sensible au Burundi. Dans un contexte social où la parole publique est parfois restreinte, partager une opinion ou dénoncer des dysfonctionnements peut être perçu comme une atteinte à la réputation ou un défi lancé aux autorités. Cette situation conduit certains jeunes à s’auto-censurer, par crainte de représailles ou de critiques injustes.

Pour Dacia Munezero, présidente de l’association Actions for Women’s Rights (AWOR), l’atelier était l’occasion de rappeler l’importance de créer des espaces sécurisés où chacun peut s’exprimer librement et sans peur. « Permettre à chacun de faire entendre sa voix sans crainte de représailles, c’est renforcer la société civile », a-t-elle déclaré. Elle a souligné que le respect dans l’expression des opinions est crucial et que les discours discriminatoires ou incitant à la haine doivent être proscrits, afin de construire une culture de dialogue et d’écoute mutuelle.
Hugues Safari, représentant du média Yaga, a également insisté sur les opportunités offertes par les réseaux sociaux. Selon lui, ces plateformes ne véhiculent pas seulement des contenus négatifs. Elles permettent aux jeunes d’accéder à des informations, des opportunités professionnelles et éducatives, et de développer des compétences utiles pour leur avenir. « Signaler un problème, comme un nid-de-poule sur une route, peut être bénéfique à l’ensemble de la communauté, y compris aux autorités locales », a-t-il illustré, rappelant que le numérique peut devenir un outil de gouvernance et de citoyenneté active.

Dieudonné Bwitozi, un autre participant, a insisté sur l’importance de l’usage réfléchi des réseaux sociaux. « Les jeunes doivent apprendre à publier des messages clairs, constructifs et respectueux, afin de favoriser le dialogue plutôt que de semer la division. Il faut également savoir se documenter sur un sujet avant de s’exprimer, pour ne pas diffuser de fausses informations et, ce faisant, se décrédibiliser. » a-t-il expliqué. Selon lui, le numérique peut devenir un véritable levier d’éducation civique et de mobilisation sociale si son usage est encadré et réfléchi.
Les discussions ont également abordé le rôle des associations de jeunesse dans l’accompagnement des utilisateurs débutants des réseaux sociaux. Il s’agit de les former à la diffusion responsable de contenus, à la vérification des informations et à l’engagement citoyen en ligne. Les participants ont souligné que l’éducation numérique est désormais indispensable pour que ces espaces virtuels deviennent des lieux d’expression et d’action positive, plutôt que des vecteurs de désinformation ou de tensions sociales.

Pour clore l’atelier, Liévin Niyogusenga, directeur de la rédaction d’Iris News, a rappelé que le traitement des contenus en ligne doit être soigneux afin de maximiser leur impact et d’éviter les malentendus. « Ceux qui ne maîtrisent pas encore l’usage des réseaux sociaux ont besoin de formation », a-t-il insisté. « Aujourd’hui, ces plateformes sont devenues des espaces de dialogue aussi importants que les réunions ou les conseils d’administration. Les jeunes ont un rôle à jouer dans la diffusion de messages constructifs, pour que le numérique serve la justice sociale et la cohésion communautaire ».
L’atelier a ainsi permis de souligner que l’avenir de la participation citoyenne au Burundi passe par un usage réfléchi et responsable des technologies numériques. Les jeunes, en tant que premiers acteurs de ces plateformes, peuvent contribuer à une société plus ouverte, inclusive et équitable, à condition qu’ils soient accompagnés et formés à naviguer dans ces espaces avec prudence et discernement.
Qu’est-ce que Share-Net Burundi ?
Partenaire d’Iris News, Share-Net Burundi est une plateforme unique de connaissance au Burundi, dédiée à la justice sociale et au développement inclusif. Axée sur la jeunesse et les organisations émergentes, sa mission est de favoriser des changements significatifs grâce au partage des connaissances, à la facilitation de la recherche, au renforcement des capacités et au plaidoyer, afin de promouvoir des politiques équitables et une transformation sociale durable.
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