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Burundi : après des décennies d’attente, l’Université catholique prend forme à Bujumbura


20:35:46vendredi 6 novembre 2026Bujumbura · GMT+2

L’idée remonte aux années 1980. Longtemps retardé par les crises qu’a traversées le pays, le projet d’université catholique au Burundi franchit une étape décisive : la première pierre de l’établissement a été posée à Bujumbura, dans le quartier de Ngagara, près du marché de Cotebu, derrière l’école secondaire Reine de la Paix. La cérémonie a été présidée de Mgr Gervais Banshimiyubusa, archevêque de Bujumbura, et de François Havyarimana, ministre de l’Éducation.

La future université comprendra des bâtiments d’enseignement, une chapelle, des résidences universitaires, une bibliothèque moderne, des laboratoires, un centre de conférences et des installations sportives.

Plusieurs filières sont envisagées, dont la médecine, les nouvelles technologies, les sciences politiques et l’économie, a indiqué le père Dieudonné Niyibizi, chargé de la mise en œuvre du projet porté par la Conférence des évêques catholiques du Burundi (CECAB).

Pour Mgr Gervais Banshimiyubusa, l’institution ne sera pas un établissement de plus dans le paysage universitaire burundais. Elle entend cultiver une identité et une approche propres, dans la continuité de l’expérience éducative de l’Église catholique.

« Nous ne venons pas concurrencer les établissements déjà présents. Nous voulons plutôt compléter leur offre, comme nous le faisons déjà dans l’enseignement fondamental et post-fondamental », a-t-il précisé.

Une université catholique attendue depuis les années 1980

La pose de cette première pierre concrétise une ambition ancienne. « Le projet de construction d’une université catholique n’est ni spontané ni un effet de mode. Il plonge ses racines loin dans l’histoire du pays, il date des années 1980 », a rappelé l’archevêque de Bujumbura, qui venait alors tout juste d’être ordonné prêtre.

À l’époque, un terrain avait même été identifié dans le diocèse de Ngozi, sur une propriété de la Conférence des évêques. Le site a finalement accueilli l’Institut catéchétique africain, alors que l’ambition initiale était d’y bâtir une université catholique.

Dans sa forme actuelle, le projet a été relancé en 2011, lorsque la Conférence des évêques a décidé de lui donner un nouvel élan. Sa réalisation a toutefois été freinée par les crises successives qu’a connues le pays.

Mgr Banshimiyubusa a appelé les diocèses, en particulier ceux de Ngozi, Muyinga et Gitega, à soutenir l’initiative, qu’il présente comme un investissement en faveur de la jeunesse burundaise et étrangère.

Le gouvernement promet son soutien

Présent à la cérémonie, le ministre de l’Éducation, François Bizimana, a salué la contribution de l’Église catholique à la formation de la jeunesse burundaise, de l’enseignement de base jusqu’au supérieur.

Il a toutefois rappelé que la future université devra respecter les nouvelles orientations du ministère, notamment l’obligation faite aux établissements d’enseignement supérieur d’offrir un service de restauration aux étudiants. Il a également assuré que le gouvernement continuerait de contribuer à la réalisation du projet.

« Un rêve réalisé »

Pour ceux qui ont suivi cette ambition depuis ses débuts, la cérémonie marque bien davantage que l’ouverture d’un chantier.

En 2021, Jean-Marie Katubadi-Bakenge, professeur d’université, philosophe et chercheur spécialisé en éthique et en métaphysique, évoquait déjà ce projet devant ses étudiants, dont je faisais partie.

Quelques années plus tard, nos chemins se sont croisés de nouveau, lors de la pose de la première pierre. Interrogé sur ce qu’il ressentait en voyant le projet prendre enfin forme, il a répondu sans détour : « C’est pour moi un rêve réalisé, un succès. J’ai participé à ce grand projet et je le vois voir le jour. C’est un réel plaisir. »

Derrière cette première pierre, il y a une ambition portée pendant des décennies et des convictions entretenues malgré les crises. Reste désormais à faire de ce socle un véritable campus, capable de peser durablement sur l’avenir de l’enseignement supérieur au Burundi.

 

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