Forum sur la Gouvernance de l’Internet à Bujumbura : les débats de la première journée monopolisés par les cryptomonnaies - IRIS NEWS

Lievin Niyogusengafévrier 17, 20266min60
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Ce qu’il faut retenir :

– Les travaux du Forum sur la Gouvernance de l’Internet en Afrique Centrale 2025 ont débuté ce lundi 16 février 2026 à Bujumbura et se poursuivront jusqu’au 21 février.

– L’événement réunit professionnels, décideurs, investisseurs et acteurs du numérique venus des onze pays membres de la CEEAC, actuellement présidée par le Burundi.

– Cette première journée, dédiée aux jeunes et aux femmes, a inscrit à son agenda plusieurs thématiques majeures, dont l’usage des cryptomonnaies : si les avancées technologiques progressent rapidement, leur adoption demeure, elle, plus contrastée.

De l’inclusion des jeunes dans la gouvernance numérique à l’encouragement de l’innovation et de l’entrepreneuriat numérique, tous les sujets ont été passés au peigne fin. La première journée a également été l’occasion d’aborder les technologies émergentes telles que l’intelligence artificielle, la blockchain et l’internet des objets.

 « Les cryptos, elles sont mal comprises ! »

Au cours d’un panel sur les technologies émergentes, le développeur burundais Carmel Niyungeko, cofondateur de K-SQUAD, s’est montré appliqué à vulgariser le fonctionnement des cryptomonnaies.

Devant une audience attentive, il a plaidé pour une meilleure compréhension de ces actifs numériques qu’il estime « mal compris ». Adossées à la technique de blockchain, ces monnaies numériques, explique-t-il, permettraient des transactions rapides, moins coûteuses et potentiellement favorables aux échanges internationaux.

M Niyungeko est allé jusqu’à défendre que les cryptos sont bâties sur des systèmes technologiques sécurisés décentralisées ne permettant pas d’intermédiaires comme les banques.

Qu’en est-il de la régulation ?

Une question posée dans la salle fait baisser le ton au jeune développeur : qu’est-il de la réglementation de ce type de monnaie au Burundi ?  M Niyungeko, admet que l’absence d’une réglementation pour ce type de monnaie compromet l’émergence des nouvelles tendances technologiques. « La régulation permettrait par exemple d’ouvrir des perspectives économiques pour les jeunes développeurs locaux, notamment dans la conception d’applications basées sur la blockchain. », illustre-t-il.

Un discours qui séduit une partie de l’audience, curieuse de comprendre ces nouveaux outils financiers. Mais entre enthousiasme technologique et prudence institutionnelle, le fossé reste visible.

La BRB bannit les cryptomonnaies

La Banque de la République du Burundi (BRB), dans un communiqué daté du 9 février 2019, rappelle que les cryptomonnaies ne sont ni réglementées, ni émises, ni garanties par un gouvernement ou une banque centrale. Elles n’ont donc pas cours légal au Burundi. En d’autres termes, leur utilisation et leur commercialisation ne sont pas autorisées dans le pays. L’institution met également en garde contre leur forte volatilité ainsi que contre l’absence de recours juridique en cas de perte de fonds ou de faillite d’une plateforme d’échange.

Pourtant, au FGIAC 2025, les positions apparaissent plus nuancées. Pour certains intervenants, la dynamique mondiale autour des actifs numériques n’est plus marginale et le Burundi ne devrait pas rester en retrait face à une réalité déjà bien installée dans de nombreux pays. Dès lors, au sein des États membres de la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC), une question s’impose : comment concilier innovation technologique et entrepreneuriat numérique avec la nécessaire protection du système financier ?

Dans son rapport annuel 2024 sur les systèmes et moyens de paiement, la BRB reconnaît d’ailleurs que, depuis 2020, plusieurs banques centrales à travers le monde explorent les monnaies numériques de banque centrale (MNBC), perçues comme une évolution possible des systèmes de paiement.

Toutefois, ces initiatives diffèrent fondamentalement des cryptomonnaies privées telles que le Bitcoin ou l’Ethereum, qui ne bénéficient d’aucune reconnaissance juridique au Burundi.

Au-delà des positions institutionnelles et des divergences d’approche, le panel aura au moins eu le mérite d’ouvrir un débat public sur un sujet encore rarement abordé dans des cadres officiels au Burundi.

Le débat, désormais, est lancé.

Vous vous intéressez aux cryptomonnaies ? Iris News fait un sondage sur la question. Merci de bien vouloir y participer en cliquant ici.

 

 

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