
C’est au Centre d’enseignement des métiers CEFORE Rusi, à Shombo — le plus grand et unique en son genre au Burundi — qu’a eu lieu la clôture de la phase III du programme AGCCI au Burundi. De jeunes Burundaises y ont été formées à la programmation et à l’innovation, avant de présenter des projets illustrant leur créativité et leur capacité à proposer des solutions concrètes. Au-delà des compétences techniques, le camp a renforcé la confiance et le leadership des participantes, avec le soutien des autorités et de partenaires engagés pour l’inclusion numérique et l’autonomisation des filles au Burundi.
Le camp avait ouvert ses portes en août. Pendant 6 mois, des jeunes Burundaises s’y sont retrouvées pour apprendre à coder, à créer, à comprendre le numérique autrement. Cette phase III du projet African Girls Can Code Initiative (AGCCI), mise en œuvre par UN Women Burundi et financée par Ambassade de Belgique au Burundi, s’inscrit dans un effort lancé depuis 2021 pour doter les filles de compétences technologiques concrètes.
Derrière ce camp, il y a une ambition plus large : réduire l’écart numérique entre les genres et préparer une génération capable de naviguer — et d’inventer — dans des économies de plus en plus digitalisées.
Au fil des jours, les lignes de code ont remplacé les hésitations. Et à la fin, les idées ont pris forme. Applications, solutions locales, prototypes : chaque projet racontait la même chose — des intuitions devenues outils, des envies transformées en possibles. Pour ces jeunes participantes, ce n’était pas juste une formation. C’est presque une carrière donnée sur le plateau.
Esther, participante venue de Bubanza, témoigne en Swahili — preuve d’ailleurs, que le projet accueille des jeunes filles de tous horizons :
« Avant le camp, j’avais peu de connaissances en programmation. Aujourd’hui, je suis capable de créer des projets numériques. Cette expérience a renforcé ma confiance et nourri mon rêve de devenir ingénieure en logiciel. Les filles, n’hésitez pas : la tech est aussi pour nous. »
Représentant le ministère des Finances, du Budget et de l’Économie numérique, la directrice générale de l’Économie numérique, Odely Ndiho, a salué une initiative en phase avec les priorités nationales :
« Le Gouvernement du Burundi place le numérique au cœur de son développement. Investir dans les compétences digitales des jeunes filles, c’est garantir une croissance inclusive et durable. »

Même tonalité du côté d’ONU Femmes. Sa représentante au Burundi a insisté sur la portée sociale du programme : au-delà des compétences techniques, ces espaces deviennent des lieux de transformation personnelle, où se construisent confiance, leadership et perspectives nouvelles.
Dans un pays où l’accès des femmes aux filières technologiques reste encore limité, l’enjeu est de taille. Il ne s’agit plus seulement de former, mais d’ouvrir des portes — et de les maintenir ouvertes.
Le soutien du Royaume de Belgique, partenaire du programme aux côtés de l’Union africaine, de l’Union internationale des télécommunications et d’ONU Femmes, illustre l’importance de ces alliances. Pour les partenaires, l’éducation numérique apparaît désormais comme un levier stratégique, à la croisée des enjeux d’égalité et de développement.

Car derrière les lignes de code, c’est bien une bataille plus large qui se joue : celle de la place des femmes dans les économies de demain. Une bataille silencieuse, mais décisive.
À Gitega, elle a pris la forme d’un camp. Pour ces jeunes participantes, elle pourrait bien devenir un point de bascule.
